La bonne année de nos chers banquiers
Pour les banques, l’année commence bien : tous les tarifs ont augmenté en 2025, et les annonces pour 2026 prolongent la tendance. Développement du crédit aux particuliers, réduction du numéraire, explosion des commissions sur les paiements numérisés : tout va bien pour les banquiers en France. Mais ce sont les consommateurs qui alimentent en grande partie ces bons résultats.
Les consommateurs sont les vaches à lait L’Observatoire des tarifs bancaires (OTB) a relevé une hausse globale moyenne de plus de 3 % en 2024.
C’est le triple de l’inflation, et sans aucune justification économique, puisque les résultats 2025 s’avèrent excellents.
Frais de tenue de compte, commission de carte bancaire, pénalités sur les incidents de paiements : tout est bon pour tirer le maximum de profits auprès des clients, avec des services bancaires de plus en plus coûteux.
Ce sont donc les contributions des consommateurs qui grossissent largement les profits des établissements en France. Mais le plus choquant réside dans le caractère systématique, forfaitaire, et cynique de ces tarifications.
Au moins, le racket aux frais de succession, c’est fini. Les frais pour traitement de succession sont débités sur le compte à l’occasion des démarches réalisées parles banques lors du décès d’un client : gel des avoirs, échanges avec le notaire, versement du solde disponible aux héritiers. Depuis des années, les familles étaient scandalisées par cette ponction incompréhensible pour elles. En effet, les montants étaient très élevés (jusqu’à 800 €), sans distinction des difficultés de traitement ou des sommes disponibles.
Désormais, les banques ne peuvent plus fixer à leur convenance le coût de clôture d’un compte courant après décès du titulaire ou de son conjoint, car cette tarification est désormais encadrée par décret.
La gratuité totale s’impose lorsque l’héritage est modeste (total des soldes des comptes et de la valorisation des produits d’épargne inférieur à 6 000 €), ou lorsque le défunt était mineur (quel que soit l’avoir disponible). Aucune facturation n’est applicable non plus si les formalités sont réduites : tous les héritiers sont identifiés et se manifestent, il n’y a pas de crédit immobilier en cours, ni de compte professionnel, ou d’opérations transfrontalières.
Même dans les autres situations, la taxation est limitée à 1 % du total des sommes détenues par le défunt dans l’établissement bancaire (comptes courants et produits d’épargne), sans pouvoir dépasser le plafond de 850 €.
Le compte bancaire est de plus en plus coûteux pour les clients.
La hausse la plus marquante est celle des frais de tenue de compte, qui frôlent les 10 % en moyenne. Certaines banques passent carrément de la gratuité à 24 € par an. Moins de 10 % des établissements français n’appliquent pas de frais de gestion : ce sont pour l’essentiel des banques en ligne. Cette pratique de forfait imposés à tous les clients, quel que soit le coût réel de fonctionnement pour la banque, relève vraiment d’une autre époque.
On peut aussi penser que la généralisation du procédé illustre parfaitement le réflexe de compenser un manque à gagner imposé par la loi avec une tarification punitive ou indifférenciée des consommateurs.
Les frais pénalisent majoritairement les clients en difficulté.
La deuxième augmentation relevée par l’observatoire rapportée par l’OTB est celle du nombre d’établissements (un sur deux) qui appliquent des pénalités forfaitaires sur les découverts. Ainsi, un solde débiteur très faible pendant quelques jours peut coûter 8 € en frais fixes : c’est le maximum fixé par la loi, mais il est appliqué par la quasi-totalité des banques à ce plafond. Les agios sur les découverts supérieurs à 400 € sont fonction du dépassement, et limités au taux d’usure.
En revanche, pour les comptes débiteurs inférieurs à cette somme, les banques peuvent remplacer les agios classiques par un forfait, certes plafonné mais très défavorable aux comptes qui sont fréquemment dans le rouge, mais modérément.
Notre association Que Choisir dénonçait déjà cette pratique en2023 : les années passent et les abus persistent.
HLB
